Blogue de la DG

Laurie Janes

La profession infirmière et la pratique autonome

Laurie Janes, 23-4-2019

La pratique autonome, ou la pratique à son compte, est à la hausse parmi les infirmières immatriculées (II) et les infirmières praticiennes (IP) du Nouveau-Brunswick. Cela fait de nombreuses années que des infirmières immatriculées suivent la démarche prescrite pour établir une pratique à leur compte; on retrouve notamment des pratiques infirmières autonomes pour des services de soins des pieds, des services prénatals et des services d’éducation à la santé. Plus récemment, des IP ont montré leur intérêt pour s’établir en pratique autonome.

L’II ou l’IP qui souhaite travailler à son compte doit maintenir son immatriculation pour être en mesure de continuer à offrir des services en tant que membre immatriculé de la profession infirmière. Le travail de réglementation de l’AIINB dans ce domaine comprend notamment l’examen de la pratique autonome proposée pour déterminer si les heures travaillées par l’infirmière ou l’infirmier membre dans le cadre de son travail autonome satisfont aux normes d’exercice et au champ d’exercice de la profession infirmière. Cette étape est nécessaire si l’II ou l’IP veut appliquer ses heures travaillées en pratique privée aux fins du maintien des exigences de l’immatriculation à titre d’II ou d’IP.

La réglementation de la profession infirmière au Nouveau-Brunswick exige que l’AIINB examine les propositions de pratique autonome avant que l’II ou l’IP ne se lance à son compte. Les heures travaillées dans le cadre de cette pratique sans examen et approbation préalables par l’AIINB ne peuvent pas être considérées pour le renouvellement de l’immatriculation. De plus, si l’approbation d’un autre organisme est requise pour que les heures travaillées à son compte par l’II ou l’IP soient considérées comme valides, il est nécessaire d’avoir une preuve établissant que l’II ou l’IP peut effectivement travailler les heures décrites dans le cadre de la proposition de pratique soumise à l’AIINB.

Récemment, des IP en pratique autonome au Nouveau-Brunswick se sont vu refuser l’accès aux services de laboratoire et d’imagerie diagnostique pour des patients traités dans leur pratique autonome, ce qui inquiète beaucoup les IP et les II de la province. L’intention des IP était bonne : établir des pratiques d’IP autonomes afin que les patients de leur communauté sans médecin de famille puissent avoir accès à d’excellents services de santé primaires fournis par une infirmière praticienne.

Les défis de la pratique autonome des IP peuvent différer de ceux des II. Le champ d’exercice des IP est similaire à celui d’un médecin de famille; par conséquent, bon nombre des services de santé offerts par les IP à leurs patients sont considérés comme des services assurés par l’Assurance-maladie du Nouveau-Brunswick. Alors que les médecins de famille ont un numéro de facturation qui va de pair avec l’utilisation et le paiement des services assurés, les IP n’ont pas accès à un numéro de facturation.

Le nombre de descriptions d’IP pour une proposition de pratique autonome a considérablement augmenté en 2017-2019, et le personnel de l’AIINB a repéré plusieurs lacunes dans l’information et des tendances dans les documents fournis aux fins d’examen :

  • Des II et des IP qui commencent à travailler à leur compte avant l’examen de leur proposition de pratique par l’AIINB;
  • Des II et des IP qui comprennent mal la distinction entre les services de santé assurés et non assurés au Nouveau-Brunswick;
  • Bon nombre d’II et d’IP ne sont pas au courant de l’assurance supplémentaire offerte par l’entremise de la Société de protection des infirmières et infirmiers du Canada;
  • Certaines demandes montrent que l’II ou l’IP ne sait pas que les procédures en cosmétologie ne font pas partie du champ d’exercice reconnu;
  • Certaines II et IP (qui sont des employées) présentant une demande ne comprennent pas que le travail effectué pour remplir les dossiers de patient et autres formulaires après les heures de travail et à la maison ne peut pas être considéré comme faisant partie de la pratique autonome et ne peut pas être facturé contre une rémunération d’IP;
  • Bon nombre des II et IP présentant une demande ne comprennent pas bien la facturation à l’Assurance-maladie du Nouveau-Brunswick pour les services assurés.

Dans les discussions avec des II et des IP souhaitant s’établir à leur compte, il est apparu que les II et les IP n’ont pas une compréhension suffisante des processus et des exigences réglementaires de la profession infirmière au Nouveau-Brunswick. Pour aider les infirmières et infirmiers, l’AIINB s’affaire actuellement à revoir et à mettre à jour l’information, les formulaires et les processus qui ont trait à la pratique autonome. Parmi les mesures à venir, notons la surveillance et l’audit des pratiques.

Plus de travail est également nécessaire pour soutenir la pratique autonome des II et des IP, dont : formation/soutien de base en administration durant les études et dans la communauté de pratique, renseignements précis et consultation pour les infirmières qui cherchent à obtenir des directives de l’AIINB, et communication, formation et discussion continues avec les parties prenantes clés au sujet de l’étendue des pratiques autonomes infirmières et de la façon dont ces pratiques peuvent le mieux servir le Nouveau-Brunswick.